#Asie : OFO, la startup chinoise qui révolutionne le vélo en faisant décoller le bike-sharing

Ofo est une entreprise chinoise dont l’objectif est de donner accès à un vélo partout dans les villes chinoises. La start-up, officiellement créée en septembre 2015, a levé, en octobre 2016, 120 millions de dollars par le géant Didi Chuxing, l’équivalent d’Uber en Chine. Cette entreprise est aujourd’hui évaluée à 500 millions de dollar et s’impose dans le marché Chinois. Le nom ofo est, en fait, une illustration de la forme du vélo. Ofo a été fondée à Pékin par Dai Wei, 25 ans. StartupBRICS vous propose donc de se concentrer sur cette entreprise chinoise qui révolutionne les déplacements urbains de milliers de chinois.

edf

Un marché chinois en explosion

Selon une récente étude publiée par le groupe Roland Berger, le marché chinois pour le partage de vélos est en pleine explosion et présente des perspectives de développement phénoménales. Le groupe estime, en effet, que le marché chinois du partage de vélos pourrait générer jusqu’à 5.8 milliards de dollars de revenus en 2020. Le vélo était emblématique du pays et de ses modes de transport jusqu’aux années 1960 – 1970. Toutefois, le processus de moyennisation de la société chinoise a conduit à un développement exponentiel de l’automobile. Le résultat de ce mécanisme a conduit à des niveaux de congestions importants dans les villes et à une concentration des émissions de gaz à effet de serre dans les zones urbaines. C’est donc, en partie, pour répondre à ces problèmes que l’entreprise ofo a pour objectif de démocratiser les vélos, et donc de réduire l’émission des gaz à effets de serre (en réduisant le nombre de véhicules).

L’ensemble des acteurs du secteur du partage de vélos fait toutefois face à plusieurs problématiques qu’il est nécessaire de surpasser afin d’assurer le de développement de ces applications. Parmi ces challenges, on trouve, par exemple, la sécurité : à l’heure de l’économie du partage, il s’agit d’une des principales problématiques. Par ailleurs, le climat est souvent extrêmement froid en hiver en Chine, rendant l’utilisation d’un vélo compliqué à un moment où les rues sont glissantes. Bien que le marché soit prometteur, l’ensemble des entreprises doivent également surmonter un obstacle culturel : beaucoup de jeunes préfèrent encore le luxe d’avoir une voiture personnel plutôt que d’utiliser un vélo. C’est pourquoi les prix de ce service doivent rester très bas. Ces prix très bas impliquent des marges relativement faibles, auxquelles il faut associer la casse des vélos. Ainsi, même si le marché chinois du partage de vélo est en explosion, il convient de relativiser celle-ci au vu des challenges auxquels font face les start-up du secteur.

Un marché du “bike-sharing” extrêmement concurrentiel

De part son attractivité, le marché du partage de vélos est extrêmement concurrentiel. Il existe de nombreuses entreprises, telles que mobike, qui se battent à grands coups de millions en action de communication et en marketing. Les entreprises du secteur du partage de vélos sont immergées dans l’idée du “winner takes it all”. Ces acteurs n’hésitent donc pas à dépenser des montants astronomiques jusqu’à accepter un cash flow négatif sur plusieurs années. Même si ofo affirme faire du profit, les entreprises de location du vélo brûlent énormément de cash. Ofo tire toutefois son épingle du jeu. Il faut également souligner que le nombre d’entreprises dans ce secteur est extrêmement important et que la bataille entre l’ensemble de ces acteurs s’étend progressivement à de nouveaux territoires. A ce titre, l’expansion de l’activité de ofo et mobike à Singapour témoigne de la compétition qui fait rage sur ce marché très concurrentiel.

Le fonctionnement d’OFO

Le fonctionnement de l’application est extrêmement simple. Elle commence par vous indiquer le nombre de vélos se situant autour de vous. Ces vélos sont particulièrement reconnaissables grâce à leur couleur jaune. Il suffit ensuite de simplement scanner le QR code du vélo avec l’application. Le vélo est déverrouillé, à l’aide d’un code à cinq chiffres, et vous pouvez ensuite l’utiliser librement. Une fois que vous êtes arrivé à votre destination, il suffit de terminer votre course sur l’application. Le vélo est, en conséquence, à nouveau verrouillé et votre compte bancaire est débité. Le vélo jaune que propose ofo coûte environ 250 yuan et est proposé à la location pour 1 yuan par heure. A noter que cette location est gratuite pour la première heure à Pékin et est ensuite facturée un yuan par heure supplémentaire d’utilisation. Il faut aussi souligner qu’après sa dernière levée de fond, la possibilité de louer un vélo a été ajoutée à l’application Didi Chuxing, l’équivalent chinois de la plateforme Uber.

OOFO: une entreprise en pleine croissance

Ofo s’adresse principalement aux étudiants en mettant à disposition de nombreux vélos directement sur les campus des grandes universités chinoises. En conséquence, ofo affirme détenir une grande partie du marché du partage de vélos avec 200 000 vélos dans tout le pays dont 85 00 à Pékin, 20 000 à Shangai et sa récente arrivée à Singapour.

Plus que d’attirer les investisseurs et fonds d’investissement chinois, la start-up ofo attire le regard des plus grands du monde de l’innovation. C’est ainsi que la start-up chinoise a récemment reçu la visite de Tim Cook, le CEO d’apple. Après avoir essayé le vélo proposé par l’entreprise, une possible coopération a été évoquée. La montre de la marque à la pomme pourrait être reliée au vélo afin d’évaluer les performances de l’utilisateur.

La start-up chinoise envisage maintenant son développement international. Ce développement présente toutefois la complexité de devoir s’adapter aux marchés que le start-up vise : en particulier aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. La firme espère ainsi continuer de s’étendre en Chine et aux quatre coins du monde.

About Samir Abdelkrim

Entrepreneur, consultant en innovation et blogueur terrain, Samir Abdelkrim est également le fondateur de StartupBRICS.com, le premier média francophone spécialisé sur l’innovation dans les pays émergents. Samir Abdelkrim passe 8 mois par an à explorer les écosystèmes entrepreneuriaux en Afrique (dont il a déjà parcouru 20 pays), pour rencontrer les meilleures startups du continent. Il connecte les entrepreneurs les plus prometteurs avec des investisseurs et des grands groupes, ou bien leur faire gagner de la visibilité dans les grands titres nationaux comme le Huffington Post, Les Echos ou Le Monde où il est chroniqueur Tech spécialisé sur les startups africaines. Du Sénégal au Botswana en passant par la Tunisie, la Côte d’Ivoire, Madagascar ou le Kenya, Samir Abdelkrim a déjà rencontré une centaine de startups dans le cadre de son projet #TECHAfrique, une expérience terrain et une aventure humaine à la rencontre de ceux qui font battre le pouls de l’Afrique 2.0, expérience dont il tirera un livre en préparation, Startup Lions.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *