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Quand la compétition de startups émergentes prend racine : Seedstars à Google Campus, São Paulo

12744505_10208843087575509_7436264701583165946_nL’organisation suisse SeedStars World s’est donné pour objectif en 2013 de lancer une compétition internationale pour les startups des pays émergents – premier volet d’une ambition bien plus élargie. Un succès dès la première année, la compétition étend aujourd’hui son influence à 65 pays. La compétition Brésil eut lieu à São Paulo sur le Google Campus, le 25 août 2016. Charlotte Burrier, Connector StartupBRICS en Amérique Latine, vous propose en exclusivité un retour sur cet évènement.

Juliane Butty, tu coordonnes la région LatAm en binôme avec Romulo Navarrete depuis 7 mois maintenant. De quelle idée est née cette aventure ?

JB : Il y a quatre ans, nos co-fondateurs Alisée de Tonnac et Pierre-Alain Masson ont établis deux constats très simples. Le premier est que les pays émergents regorgent de talentueux jeunes ingénieurs diplômés dont l’ambition est d’améliorer les conditions de vie de leur communauté. Le second constat est celui d’un tournant dans les investissements vers une diversification globale en faveur des pays émergents. Cela correspond avec un troisième et dernier constat, celui de l’émanation d’une force innovatrice très puissante au sein des pays émergents, où le changement est rapide et dynamique. Et cela s’est reflété dans la rapidité de notre croissance : la compétition s’est déroulée dans 22 pays la première année, dans 35 la seconde, puis dans 54 en 2015, jusqu’à en atteindre 65 aujourd’hui.

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Seedstars World, aujourd’hui, cela représente plus de 3000 candidatures au niveau global, 600 startups sélectionnées pour pitcher aux finales locales, 65 startups finalistes (une par pays), et une gagnante au niveau mondial. Le processus de sélection dans chaque pays est associé à du pitch-training, des programmes de mentorship, etc.

Seedstars World au LatAm

En 2016, Seedstars World a tenu sa première compétition LatAm (Amérique Latine) au Pérou, en avril 2016 ; la compétition Brésil a eu lieu à São Paulo le 25 août 2016 et la finale régionale LatAm à Rio de Janeiro la semaine suivante, le 31 août 2016. Du 28 novembre au 3 décembre se tiendra un Sommet Régional à Buenos Aires (Argentine). La très attendue grande finale aura lieu à Genève en avril 2017.

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Connect, Build, Invest. Dans quelles étapes votre succès à vous rapprocher de ces trois objectifs prend-il racine ?

JB : L’idée est de créer un réseau holistique pour favoriser un cadre stimulant et valorisant qui incite et donne les moyens aux startups de se développer. Pour cela, trois volets sont essentiels à un partenariat idéal : les pouvoirs publics (l’Etat, les municipalités, les institutions locales et nationales), les organisations privées (réseau de mentors et d’investisseurs), et les universités (accès à la recherche, notamment). Le soutien des institutions publiques au niveau LatAm s’est manifesté notamment en termes de visibilité, avec un appui particulièrement renforcé de la part du gouvernement argentin. Cela reste un aspect que nous souhaitons développer bien plus sur le long terme.

Ce travail de fond effectué, nous lançons un appel aux startups, et opérons une première sélection des dix meilleures startups par ville. Ces dernières bénéficieront de mentors, de pitch training, et de diverses rencontres, avant la compétition dans laquelle elles feront leur pitch devant un jury composé de l’équipe Seedstars et de jury locaux. Une compétition par continent sélectionne ensuite un finaliste sur l’ensemble des pays du continent, après laquelle est organisé un Regional Summit pour que tous les finalistes, investisseurs, acteurs, grandes entreprises, et mentors d’un continent se rencontrent autour d’activités ciblées. Les finalistes de tous les pays intègrent ainsi la Seedstars family et bénéficient de nos bootcamp et forum investisseurs.

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Quelles particularités de votre business model vous permettent-elles d’être rentables ?

JB : Nous nous finançons via deux canaux. Le premier, ce sont les partenariats. Nous avons par exemple à l’échelle LatAm un partenariat avec PayU, entreprise leader dans la fourniture de services de paiement présente dans 16 pays à l’échelle mondiale, et qui sera le partenaire du prix Fintech de la compétition. Le deuxième, qui est marginal, est le ticketing de nos évènements.

Le succès d’un tel parcours dépend en grande partie du travail d’équipe des organisateurs. Quelles sont les valeurs qui ont uni ton binôme ?

JB:. Je suis convaincue que si nous avons eu un tel succès global, c’est dû au fait que nous soyons tous entrepreneurs nous-mêmes. Ce n’est pas anodin d’utiliser le nom de Seedstars Family ! L’anecdote qui est symbolique de cet état d’esprit commun, c’est qu’au long de tous nos voyages, nous n’avons jamais dû dormir à l’hôtel. Nous avons toujours des amis près à nous accueillir ; et cela, c’est la force de notre réseau.

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En deux mots, quel est le plus grand succès de Seedstars aujourd’hui, et quelle est la ligne directrice que vous souhaitez adopter dans l’avenir immédiat ?

L’un de nos accomplissements majeurs se résume en quelques chiffres : le montant d’investissement généré par notre compétition, directement et indirectement entre 2013 et 2015, s’élève à 22,780,375 dollars (un peu moins de 21 millions d’euros).

Ayant connu une forte croissance internationale jusqu’à aujourd’hui, notre but immédiat est de renforcer notre présence et notre impact dans tous les pays où nous sommes déjà présents. C’est pourquoi nous avons mis en place de nouveaux services tels que les SeedSpace et la Seesdstar Academy.

Juliane Butty : portrait

Etudiante à Fribourg, Juliane écrivait pour le magazine de son université. Ayant fait remarquer qu’en deux ans de publications, pas une seule femme ne fit la couverture du magazine, elle fut alors mise en relation avec la co-fondatrice de Seedstars World. Avant de commencer à travailler au sein de l’organisation en janvier 2016, Juliane a créé le réseau entrepreneur féminin suisse, a travaillé au projet de mentoring online d’Aliança Empreendedora, qui a bénéficié à 30 000 femmes. Ayant été exposée au réseau de startup à travers l’Amérique latine tout au long de ses diverses expériences, elle travaille désormais au service de l’équipe Seedstars depuis bientôt un an.

About Charlotte Burrier

Entreprenariat social, innovation, leadership – trois mots, une ambition. En dernière année de Master en International Management à la Fundação Getúlio Vargas de São Paulo, Charlotte a étudié les quatre précédentes années à Sciences Po Paris, au sein du programme Europe-Afrique pour sa licence, puis en première année d’Economics and Business. Co-fondatrice de l’association Loi 1901 Stagiaires Sans Frontières à Sciences Po en 2012, association qui propose des stages fondés sur des partenariats entre entreprises privées et organisations caritatives, Charlotte a ensuite travaillé pour l’Institution de Microfinance SIZA Capital SA à Johannesbourg, Afrique du Sud. Devenue membre du Conseil d’Administration de l’Institution à 20 ans, elle retourne ensuite à Paris pour entamer son Master en double-diplôme et travaille en parallèle avec Sunna Design sur un projet de lancement d’électrification solaire rurale en Afrique de l’Ouest. C’est lors de cette première année de Master qu’autour de discussions passionnées sur l’entreprenariat social et l’Afrique, Charlotte rencontre Perrine, puis, grâce à elle, le fondateur de StartupBRICS Samir. Enthousiasmée par l’équipe et séduite par le dynamisme de StartupBRICS, c’est ainsi que Charlotte se lance dans l’aventure StartupBRICS et s’engage pour défricher l’Amazonie des startups tech brésiliennes.

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