#Senegal : Le CTIC Dakar tient son rendez-vous annuel du numérique avec le Jambar Tech Festival

Du 14 au 16 décembre 2016, le CTIC Dakar organise le Jambar Tech Festival, dont StartupBRICS a le plaisir d’être partenaire. Ce festival regroupe les Journées de l’Entrepreneuriat dans les TIC (JETIC) et les Jambar Tech Awards. Rencontre avec Carine Vavasseur, Chargée de Communication pour le CTIC, interviewée par Héloise Lebrun-Brocail.

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Peux-tu présenter le Jambar Tech Festival et ses objectifs à nos lecteurs ?

Le Jambar Tech festival est un festival qui réunit l’ensemble de l’écosystème du secteur des Technologies de l’Information et de la Communication.

Notre objectif est double : promouvoir le savoir-faire local, et mettre en avant les “jambars”, c’est-à-dire les guerriers de la tech locale, en leur donnant une scène où briller à l’échelle internationale ; et sensibiliser une large part de la population au potentiel des techs comme levier de croissance. C’est pour cela que notre communication aujourd’hui ne se limite pas au secteur des technologies.

Le Jambar Tech Festival regroupe deux grandes activités : les JETIC, Journées de l’Entrepreneuriat dans les TIC, un forum qui en est à sa deuxième édition, et un concours d’entrepreneuriat en 48h, très orienté Internet des objets. Les JETICS regroupent cinq grandes activités innovantes, comme un business reverse speech pendant lequel de grands groupes viennent présenter leurs besoins à des startups, de façon à créer de l’open innovation ; et huit meetups, qui portent sur des thématiques d’actualité comme le e-commerce. Nous organisons également une “Fail Conference”, où des entrepreneurs à succès évoquent leurs expériences passées d’échec et la façon dont ils ont rebondi ensuite.  Cela permet de démocratiser l’échec entrepreneurial.

Le concours d’entrepreneuriat a pour ambition de faire passer les entrepreneurs d’un projet à un prototype en 48h, avec un accompagnement technique, un mentorat, du coaching autour de lui ; et de faire en sorte que le prototype réalisé réponde à des problématiques avec des solutions objets connectés.

Un cocktail “Business angels et Alumni” est également prévu. Cela permet à des entreprises aujourd’hui prêtes à ouvrir leur capital et à recevoir du financement d’investisseurs de présenter leur projet.

Nous sommes véritablement dans une dynamique de création d’un club, et souhaitons redynamiser le Club de Business Angels qui avait été mis en place lors de la première édition du Festival, notamment en y impliquant des alumnis du CTIC Dakar.

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Le credo du festival est « Tech, Business & Fun », et il transparaît notamment à travers des temps forts comme la Fail Conference, qui vise à « dédramatiser » l’échec entrepreneurial. Est-ce que cela s’inscrit dans une certaine vision de l’entreprenariat véhiculée par le CTIC, qui vise à encourager tout un chacun à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale ?

Tech, Business & Fun” est un credo qui revient souvent chez nous. Nous pensons qu’une aventure entrepreneuriale ne peut réussir si l’entrepreneur ne prend pas de plaisir dans ce qu’il fait, et que cela peut vraiment faire la différence. Sans cela, il peut être très difficile de tenir sur le long terme, surtout en matière d’entrepreneuriat où il faut être patient pour obtenir un vrai retour sur investissement.

La Fail Conference s’inscrit effectivement parfaitement dans cet état d’esprit. Nous essayons de promouvoir l’idée que l’échec n’est pas une fatalité, et de présenter les solutions qui permettent de rebondir et de tirer des enseignements de ces échecs, pour en sortir grandi.

Si l’entrepreneuriat est difficile et comporte beaucoup de challenges, nous souhaitons inciter toutes celles et ceux qui auraient déjà un esprit d’entrepreneur et des solutions à fort potentiel, à poursuivre l’aventure entrepreneuriale, car une belle promesse les attend à la fin. Un chiffre revient régulièrement : 80% d’entreprises ne survivent pas au delà de trois ans, car il est très difficile de se lancer avec une startup. Mais cela en vaut la peine lorsque l’on possède une véritable vision et un état d’esprit entrepreneurial.

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Les Jambar Tech Awards récompensent les acteurs ayant le plus fait bouger la scène tech sénégalaise en 2016. Que peux-tu dire de l’évolution de cette scène TIC au Sénégal et plus largement en Afrique francophone depuis la création du CTIC en 2011 ?

Depuis la création de CTIC Dakar en avril 2011, la scène tech sénégalaise a beaucoup évolué.

Quand le CTIC Dakar est arrivé, l’écosystème était naissant et encore à ses balbutiements. L’Organisation Professionnelle des TICs apportait de la structure à cet écosystème, et d’autres éléments clés de l’écosystème IT étaient déjà présents, mais il manquait un incubateur permettant de faire le lien entre ces différentes initiatives et d’accompagner de jeunes porteurs de projets vers le prototypage.

Le CTIC Dakar s’est très vite positionné sur cet accompagnement là. Nous essayons d’apporter à cet écosystème une zone tampon, un espace où les différents acteurs qui le constituent peuvent collaborer.

Cela passe à la fois par l’organisation du Jambar Tech, mais aussi à travers d’autres activités qui ont lieu toute l’année. Depuis la création du CTIC, plus de 80 entreprises ont été accompagnées, plus de 2000 porteurs de projets ont été coachés, et plus de 85 événements ont été organisés.

Le CTIC est donc vraiment actif, de façon à participer à la construction de cet écosystème, dans un secteur passionnant car en perpétuel mouvement : d’une année à l’autre peuvent émerger de nouvelles tendances sur le marché, et cela constitue un vrai challenge pour les entreprises qui doivent s’adapter en permanence pour suivre ces évolutions. La naissance de belles initiatives et l’arrivée de nouvelles technologies témoignent bien de cette évolution de l’écosystème tech au Sénégal depuis quelques années.

Comment envisages-tu le développement de l’économie du numérique en Afrique francophone dans les prochaines années, et son impact sur le développement du continent de manière plus générale ?

Le secteur du numérique en Afrique francophone est en plein développement et suscite un véritable intérêt même s’il est vrai que nous n’avons pas encore réussi à combler le fossé qui existe entre nous et l’Afrique anglophone.

Il s’y passe de très belles choses, de nouveaux incubateurs sont en train d’être mis en place dans d’autres écosystèmes, d’autres pays. On assiste également à la naissance d’accélérateurs et à l’augmentation du nombre de concours organisés.

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Les investisseurs commencent également à arriver, ce qui témoigne de la présence d’entreprises suffisamment matures pour les attirer. On peut espérer que d’ici quelques années, les entreprises d’Afrique de l’Ouest puissent véritablement rayonner à l’échelle continentale et exporter leurs solutions dans d’autres pays.

Je suis persuadée que le numérique va continuer à être un vecteur de croissance à l’avenir. Il a déjà contribué au développement de beaucoup de secteurs d’activité qui sont des piliers au niveau national.

L’implémentation de nouvelles technologies comme l’usage d’objets connectés va être décisive. Il s’agit d’un secteur en lequel nous croyons véritablement et sur lequel nous nous sommes positionnés via notre programme WaziUp, qui vise à faire en sorte que l’Internet des objets soit davantage utilisé en Afrique sub-saharienne, et en particulier dans les zones rurales, où un grand nombre de problématiques peuvent être solutionnées via ces objets. Les objets connectés peuvent ainsi permettre de capter des données, de la data, et de les retranscrire ensuite de façon très simple en actions à mener pour l’utilisateur final, et donc de répondre à des enjeux comme le monitoring de la qualité des sols, le tracking de bétail, etc.

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Le e-commerce et l’économie du partage sont également des secteurs en plein essor. Si beaucoup d’acteurs internationaux comme Uber et AirBnb sont désormais présents en Afrique, de nombreux acteurs locaux devraient voir le jour et devenir de belles réussites.

Ce qui est intéressant est que le fonctionnement de notre écosystème est très différent de ce qu’on peut retrouver en Europe ou aux USA. Nous devons répondre à des problématiques très locales et encore très basiques, qui nous poussent à trouver des solutions qui sont très ingénieuses et qui correspondent à nos propres réalités. Cela résulte en l’émergence de phénomènes de reverse innovation, dans lesquels des produits ou services conçus localement, en Afrique, s’exportent ensuite vers d’autres marchés comme l’Europe ou les Etats-Unis.

Pour vous inscrire au Festival, c’est ici. Vous pouvez également suivre son déroulement via Facebook. Les Jambar Tech Awards seront par ailleurs diffusés en streaming, via ce lien.

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About Heloïse Lebrun-Brocail

Jeune diplômée du CELSA et future étudiante en Strategy & Management of International Business à l'ESSEC ; passionnée par l'Afrique, la géopolitique et les écosystèmes entrepreneuriaux, Héloïse a d’abord travaillé pour Havas Paris et Publicis Conseil. Elle a ensuite découvert StartupBRICS à Brazzaville lors du Forum Forbes Afrique et a été immédiatement séduite par son dynamisme, ce qui l’a poussée à rejoindre l’équipe un an plus tard.

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