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#Crowdfunding : Au Maroc, la startup Smala & co veut amorcer un écosystème du financement participatif

Cette semaine nous avons rencontré Arnaud Pinier, le cofondateur de Smala & co, la première plateforme de crowdfunding dédiée au Maroc sur le modèle du don avec contrepartie. Compte tenu du cadre législatif en vigueur au Maroc, Smala & co est installé en France pour bénéficier d’un cadre législatif sécurisant et clair pour exercer cette activité. En parallèle, Smala & Co a inauguré « Happy Smala » à Rabat, un laboratoire dédié à l’économie collaborative qui est en charge également d’accompagner les porteurs de projets marocains dans la conception et la réalisation de leurs campagnes. Un travail d’éducation pour sensibiliser les porteurs de projets, et faire émerger progressivement un véritable écosystème du crowdfunding au Maroc et en Afrique du Nord. Interview.

Quels types de projets sont mis en avant sur Smala.co ? Quelle différentiation avec un Ulule ou un KickStarter ?

En terme de modèle de crowdfunding, nous fonctionnons de la même manière que Ulule ou Kickstarter : don avec contrepartie, sur le modèle du « tout ou rien », avec des taux de commissionnements similaires. En revanche, le périmètre de projets que nous finançons est différent. En effet, sur smala & co, nous finançons exclusivement des projets dédiés au Maroc, en priorité sur trois secteurs d’activité : social entrepreneurship, green entrepreneurship et secteur culturel.

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Une startup marocaine (ou autre) peut elle déjà lever des fonds sur Smala.co ? Si ce n’est pas encore le cas, qu’est ce qui bloque ? La législation est elle mûre ?

Il n’est pas possible pour une plateforme ni pour un porteur de projet de réaliser un appel public au don sans respecter des règles très strictes. Le projet doit être préalablement validé par le Secrétariat Général du Gouvernement. Le second problème provient des contrats monétiques qui ne sont pas adaptés à la collecte de fonds pour compte de tiers comme le pratique le crowdfunding, sauf à nécessiter un statut d’établissement bancaire. Pour toutes ces raisons, nous nous sommes installés en France, ce qui permet ainsi aux porteurs de projets, où qu’ils soient au Maroc, de réaliser un appel public au don en France, dans le cadre de l’ordonnance française d’octobre 2014 relative au crowdfunding, en toute légalité. 

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Quel type de projets mis en avant sur Smala.co sont les plus susceptibles d’attirer les investissements de la diaspora marocaine ? 

La pratique du financement collaboratif au Maroc étant encore récente, il convient de proposer des projets à fort enjeu commun. Pour susciter une adhésion de la communauté, une campagne doit avoir une promesse palpable et partageable pour faire sens chez les soutiens. Nous privilégions donc les projets de type green entrepreneurship, social entrepreneurship ou culturel et artistique. Pour ces secteurs, il est aisé de percevoir l’intérêt de la foule à financer l’émergence de ce genre d’activités. Le développement des secteurs green ou social portent les espoirs du salut de la planète et de l’humanité. Il s’agit de notre bien commun qu’il faut cultiver, accompagner et guider. L’émergence d’incubateurs au Maroc va dans ce sens et permettra d’aller plus loin dans cet accompagnement.

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Voyez vous le crowdfunding comme une alternative réaliste pour pallier au manque de financement en Afrique du Nord ?

Sur les types de projets que nous privilégions, nous pensons effectivement que le crowdfunding est une alternative crédible au financement, a fortiori de ce genre de projets qui peuvent très souvent s’envisager dans un mode frugal. Une des conditions de réussite, sera la collaboration qui sera établie avec les grandes entreprises locales qui peuvent jouer un rôle fondamental dans l’accélération et la stabilisation de ce nouveau mode de financement au Maroc et en Afrique.

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Quelles sont vos prochaines étapes pour 2015 ? 

L’élargissement de notre marché sur leMaghreb et l’Afrique francophone dans un premier temps est une stratégie de développement évidente, surtout compte tenu du volume actuel du marché marocain (3,2 MDH de fonds levés par crowdfunding pour le Maroc en 2014 (don + prêt)). Le lancement d’une nouvelle solution de financement participatif est aussi une piste que nous étudions. Enfin, le dernier sujet, un peu plus « grand » et donc lent, l’installation d’une antenne de Simplon au Maroc.

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About Samir Abdelkrim

Entrepreneur, consultant en innovation et blogueur terrain, Samir Abdelkrim est également le fondateur de StartupBRICS.com, le premier média francophone spécialisé sur l’innovation dans les pays émergents. Samir Abdelkrim passe 8 mois par an à explorer les écosystèmes entrepreneuriaux en Afrique (dont il a déjà parcouru presque 20 pays), pour rencontrer les meilleures startups du continent. Il connecte les entrepreneurs les plus prometteurs avec des investisseurs et des grands groupes, ou bien leur faire gagner de la visibilité dans les grands titres nationaux comme le Huffington Post, Les Echos ou Le Monde où il est chroniqueur Tech spécialisé sur les startups africaines. Du Sénégal au Botswana en passant par la Tunisie, la Côte d’Ivoire, Madagascar ou le Kenya, Samir Abdelkrim a déjà rencontré une centaine de startups dans le cadre de son projet #TECHAfrique, une expérience terrain et une aventure humaine à la rencontre de ceux qui font battre le pouls de l’Afrique 2.0, expérience dont il tirera un livre en préparation, Startup Lions. Samir est régulièrement invité comme Speaker dans des conférences sur l'innovation qui se tiennent en Europe, aux Etats Unis, en Afrique ou au Moyen Orient comme le festival international South By SouthWest, à Austin, Aspen Institute, le Global Entrepreneurship Summit, le New York Forum Africa, Banque du Liban Accelerate à Beyrouth et plus récemment au siège des Nations Unies.

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