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Taxi Tracker, l’application africaine qui s’attaque à l’insécurité dans les transports publics

regis bamba_taxi trackerInterview aujourd’hui avec Régis Bamba, jeune entrepreneur ivoirien de 27 ans et ingénieur passé par le département informatique de l’université américaine de Towson, dans le Maryland.  Il est aujourd’hui le fondateur d’Intelgeo une startup ivoirienne spécialisée dans le Cloud et la création de solutions et fonctions mobiles. Régis est également à l’origine de Taxi Tacker, une application mobile dont l’objectif est de répondre au défi de l’insécurité dans les transports en commun d’Abdidjan, et notamment dans les taxis. En effet, Taxi Tracker permet à tout détenteur de smartphones de suivre et de s’informer en temps réel sur ses proches voyageant en taxi, simplement en entrant  le numéro d’immatriculation du taxi dans l’application, qui enregistre le positionnement et coordonnées GPS des voyageurs. Porté par une forte traction, Taxi Tracker est déjà en plein développement et lorgne déjà sur plusieurs villes où s’étendre à l’international. Régis nous parle aussi du développement des nouvelles technologies en Côte d’Ivoire et du rôle qu’il joue au sein de l’écosystème local au travers de son initiative Code.ci, un cycle de formation et de mentoring accéléré destiné aux développeurs débutants et futurs startupeurs ivoiriens qui souhaitent se perfectionner et acquérir des compétences concrètes et opérationnels, leur permettant de passer très rapidement à l’éxécution : créer une nouvelle application Android, coder en langage Java, etc.

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Hello Régis ! Tu viens de lancer une nouvelle application qui a fait grand bruit sur la scène startup africaine francophone : Taxi Tracker. D’où t’es venu l’idée et peux tu nous dire quel est le public visé par cette application

Cette application répond à un vrai problème rencontré tous les jours ici à Abidjan et plus généralement en Afrique : celui de l’amélioration de la sécurité des personnes dans les transports. Taxi Tracker permet de changer concrètement les choses. L’idée m’est venue à la suite d’un échange avec un bon ami à moi (Frank Bayé) à propos de l’insécurité qui règne à Abidjan dans les transports en commun et notamment concernant les transports en taxi, situation qui débouche régulièrement sur faits divers parfois très graves. Nous avons tout de suite pensé à une idée d’application Android permettant d’identifier tous les chauffeurs de taxis d’une ville qui seraient répertoriés dans une base de données sécurisée, via un mobile.
Ce qui permet aux clients des taxis d’identifier eux mêmes les chauffeurs et de s’assurer qu’ils voyageront en parfaite sécurité. Nos discussions se sont poursuivis encore quelques jours puis nous sommes très vite passés de l’idée à l’éxécution  : en quelques jours, nous disposions déjà d’une version Bêta-Testable sur Google Android.  Très vite, nous avons connu une très forte traction, quasiment instantanément : depuis le 28 mars, c’est à dire moins de 20 jours, nous comptons environ 4200 utilisateurs, avec des feedbacks très bons et une progression continue avec quasiment un millier de nouveaux utilisateurs qui téléchargent l’application chaque semaine, et ce n’est que le début !  Notre application est gratuite et le bouche à oreille fonctionne à plein ici en Côte d’Ivoire : nos metrics montrent que nous pourrions dépasser le cap des 10 000 utilisateurs d’ici un mois.

Prévois tu d’étendre cette application à d’autres villes à l’international ?

Oui, nous pensons par exemple à des villes comme Lagos où la question de la sécurité dans les transports publics est primordial.  Là, nous répondrons clairement aux défis locaux, en apportant une solution déjà éprouvée dans une grande capitale africaine, Abidjan. Dans l’espace francophone nous réfléchissons déjà à nous étendre à Dakar où notre solution peut y rencontrer un fort écho. Pour mener à bien ces projets d’extension à l’international, outre de potentiels partenariats nous sommes à la recherche de fonds pour consolider notre équipe de développeurs, également pour renforcer notre pôle marketing et commercial. Le renforcement de nos ressources humaines est crucial aujourd’hui pour accompagner notre décollage actuel.

Peux tu nous parler de ton initiative Code.ci : une formation accélérée pour apprendre aux ivoiriens à coder et à entreprendre dans le numérique c’est bien ça ?

En Côte d’Ivoire, il y a un énorme manque en compétences informatiques, et notamment en développeurs qualifiés. Et un trop grand nombre de nos ingénieurs informatiques sortent des écoles sans vraiment savoir développer des applications : Code.ci a pour mission d’apprendre à ces développeurs à monter – très rapidement – en gamme par l’apprentissage de savoir leur permettant de coder leurs premières applications Android et de pouvoir se placer très rapidement sur le marché de l’emploi numérique : le mobile décolle partout en Afrique, et c’est aussi le cas en Côte d’Ivoire. Nous formons pour le moment au langage Java et Android.
Nous avons déjà formé une dizaine de jeunes développeurs depuis notre lancement il y a quelques semaines. Nos sessions de formations durent deux semaines, avec un encadrement assuré par des ingénieurs et mentors spécialisés dans la programmation information, qui font tous partie d’Intelgeo, que je dirige. Une fois formés, la plupart de nos étudiants veulent utiliser ses compétences pour développer leurs propres idées d’application et pourquoi pas lancer des startups en Côte d’Ivoire !
L'équipe de Code.ci
L’équipe de Code.ci

Selon toi, la Côte d’Ivoire peut elle devenir dans les prochaines années un hub pour les startups d’Afrique de l’Ouest à l’image du Kenya pour l’Afrique de l’Est ?

Cela prendra beaucoup de temps, mais nous en sommes capables ! Il faut aussi saluer la volonté du gouvernement de mieux prendre en compte les initiatives portées par les entrepreneurs : les deémarches administratives sont plus rapides qu’autrefois et récemment fut organisé un concours de jeunes entrepreneurs avec à la clé près de 75 millions de Francs CFA de prix. Mais il faut aussi plus de financements publics mais aussi privés pour nous aider à grandir et pour encourager les porteurs de projets. Néanmoins, les challenges restent important, à commencer par la formation d’ingénieurs du fait du manque de compétences, Code.ci essaie de répondre à ce besoin.  Un autre obstacle important, le coût de l’internet : lent, aléatoire, il reste beaucoup trop cher et est clairement un frein pour les entrepreneurs du web et l’écosystème numérique local.

About Samir Abdelkrim

Entrepreneur, consultant en innovation et blogueur terrain, Samir Abdelkrim est également le fondateur de StartupBRICS.com, le premier média francophone spécialisé sur l’innovation dans les pays émergents. Samir Abdelkrim passe 8 mois par an à explorer les écosystèmes entrepreneuriaux en Afrique (dont il a déjà parcouru presque 20 pays), pour rencontrer les meilleures startups du continent. Il connecte les entrepreneurs les plus prometteurs avec des investisseurs et des grands groupes, ou bien leur faire gagner de la visibilité dans les grands titres nationaux comme le Huffington Post, Les Echos ou Le Monde où il est chroniqueur Tech spécialisé sur les startups africaines. Du Sénégal au Botswana en passant par la Tunisie, la Côte d’Ivoire, Madagascar ou le Kenya, Samir Abdelkrim a déjà rencontré une centaine de startups dans le cadre de son projet #TECHAfrique, une expérience terrain et une aventure humaine à la rencontre de ceux qui font battre le pouls de l’Afrique 2.0, expérience dont il tirera un livre en préparation, Startup Lions. Samir est régulièrement invité comme Speaker dans des conférences sur l'innovation qui se tiennent en Europe, aux Etats Unis, en Afrique ou au Moyen Orient comme le festival international South By SouthWest, à Austin, Aspen Institute, le Global Entrepreneurship Summit, le New York Forum Africa, Banque du Liban Accelerate à Beyrouth et plus récemment au siège des Nations Unies.

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