ola boat

Une startup indienne trouve une solution aux inondations…à partir de blagues sur Twitter !

Chennai, capitale de l’Etat du Tamil Nadu dans le sud de l’Inde – où j’ai vécu près de deux ans – connait de terribles inondations ! Déjà 71 morts ! Au-delà, les habitants ne peuvent pas aller à l’école ou au travail. Le concurrent d’Uber en Inde, Ola, a trouvé la solution…à partir de blagues sur Twitter !

Découvrez toute l’histoire dans cette présentation Bunkr interactive :

J’utilise moi-même Ola et Uber en Inde au quotidien pour me déplacer et notamment aller au bureau. Plus pratique que les rickshaws (tuc-tuc) et à peine plus cher (1€ pour mon trajet domicile travail avec Ola). Or avec les inondations, nombreux sont ceux qui se trouvent prisonniers chez eux avec aucune option sur leur application Ola, aucune voiture disponible sans risquer d’être submergées !

Ainsi,les utilisateurs ont pu blaguer sur un service #OlaBoat qui serait bien utile :

 

Devinez ce qu’a fait la startup?
Ola a trouvé des bateaux et offert le service !

Les réactions ont été plus que positives :

La marque a aussi eu une couverture média exceptionnelle !

Quelles leçons en tirer
pour les startups et les marques
du monde entier ?

 

1. Les utilisateurs ont été inspirés par les propres blagues de la marque

Ola pour le 1er avril avait fait croire que les utilisateurs pouvaient dorénavant commander…un hélicoptère pour se déplacer !

Donc si on peut penser à #OlaAir, pourquoi pas #OlaBoat qui est même beaucoup plus réaliste et pratique en cas d’inondations !

 

2. La marque a démontré qu’elle écoute ses utilisateurs

Lors d’inondations similaires à Mumbai en Juin, 6 mois auparavant les utilisateurs avaient déjà suggéré que Ola lance un service #OlaBoat. A l’époque, Ola n’avait pas pu répondre à la demande…mais a pu travailler sur le sujet.

Ola n’a pas tout de suite lancé le service à Chennai, peut-être a t’elle d’abord laissé les utilisateurs locaux suggérée l’idée ? Ou bien la marque aurait-elle officieusement provoqué ces montages visuels sur Twitter ? Qu’importe ! La marque à voulu montrer qu’elle était à l’écoute des utilisateurs et qu’elle pouvaient lancer des idées crowdsourcées. Ainsi, les utilisateurs peuvent vraiment avoir une autre relation à la marque.

3. La marque a transformé une difficulté en opportunité !

Des inondations. Pas de voiture. Ola ne fonctionne plus. Les utilisateurs sont déçus même s’ils n’en tiennent pas rigueur à la marque pour ces intempéries. Ola a ainsi utilisé le génie de l’innovation « jugaad », l’innovation frugale à l’indienne notamment expliqué par Navi Radjou pour transformer la situation à son avantage !

4. La marque a honoré sa mission.

Ola n’est pas une simple agrégateur de taxi. C’est une solution de transport pratique. Bref, c’est avant tout une expérience pour répondre à vos besoins de transport. Ola se concentre donc sur la mission, pas ses moyens. En l’occurrence, pour accomplir sa mission, ses moyens habituels n’étant pas disponibles, Ola a trouvé d’autres moyens pour accomplir sa mission. C’est que les utilisateurs du XXIème siècle attendent de tous les produits ou services.

5. La marque a joué de son avantage compétitif.

L’Inde est le marché plus important pour Uber après les Etats-Unis.
Cependant, Uber n’aurait pas pu et ne pourrait pas faire la même opération.

Pourquoi ?

Parce que l’entreprise américaine a un positionnement et des standards de marque de luxe et que ceux-ci se seraient mal accordés avec les stickers sur des barques de fortune… Ola a pu fièrement abuser de son indianité pour faire la différence !

Merci de partager cet article et sa présentation Bunkr interactive :

About Arnaud Auger

StartupBRICS Activist, Arnaud a déjà déménagé une quinzaine de fois entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique avant de s’installer en Asie, dans la silicon valley indienne. Expert en marketing digital, il est l’auteur du livre « Facebook marketing » chez Pearson, élu dans le Top 5 des ouvrages business les plus influents en 2013 aux Hub Awards. Formé à HEC Paris et créateur de sa première startup à 22 ans, Arnaud est aussi un entrepreneur convaincu que le futur d’Internet se trouve dans les pays émergents, notamment grâce au développement du web mobile.

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