map of latin america myjobcompany french startup BRICS

Chili : MyJobCompany, la startup française qui veut optimiser le marché du recrutement en Amérique Latine

StartupBRICS vous avait déjà parlé de cette startup française il y a plusieurs mois. En seulement 2 années, MyJobCompany s’est positionnée comme étant la place de marché dédiée au recrutement participatif : ici les entreprises partent à la chasse des meilleurs talents via les réseaux sociaux. L’entreprise s’adresse directement à la communauté des inscrits qui se charge de disséminer les offres d’emplois dans leurs réseaux respectifs. Avec des résultats plus que prometteur. Preuve de l’engouement, Pôle Emploi a – en février 2014 – noué un partenariat avec la MyJobCompany, en vue de réduire sensiblement le niveau de ses offres non pourvues.
 
Les raisons du succès ? Un système d’incitation redoutablement efficace, car pour chaque CV qualifé sourcé par les membres de la communauté via leurs réseaux sociaux, MyJobCompany versera une rémunération.  Et il en va de même pour chaque recrutement réalisée par le même biais. Après des débuts réussis en France, l’entreprise s’est attaqué depuis au marché latino-américain, en passant par son flanc Sud, le Chili. Un pays de 18 millions d’habitants, où la culture entrepreneuriale est très forte et où la demande en ressources humaines très qualifiées ne fait qu’augmenter.
 
La recette MyJobCompany prendra t’elle du côté de Santiago ? Interview aujourd’hui par StartupBRICS de Romain Pomier de MyJobCompany Chile, qui nous parle également de l’écosystème startup de ce pays qui restera pami pionnier dans la mise en place de politiques publiques pro-startups, via le célèbre programme d’accélération StartupChile. Et qui continue d’inspirer ses voisins comme l’Argentine ou le Brésil.
 

Hello Romain ! Peux tu nous rappeler la proposition de valeur de MyJobCompany au Chili ? Pourquoi l’ Amérique Latine ?

MyJobCompany est éditeur de logiciel et un fournisseur de solutions de recrutement utilisant la force de la cooptation externe avec le site www.myjobcompany.cl et interne avec le logiciel FairWare (www.fairwa.re).

L’idée est la suivante : grâce aux réseaux sociaux et au réseaux professionnels nous sommes tous connectés directement à des centaines de personnes et indirectement à des milliers, ce qui représente une source de talents très importante pour les entreprises. Dans cette logique, nous ajoutons au processus de recrutement normal (Recruteur et Candidats) une tierce personne que l’on appelle diffuseur d’offre ou Head-hunter social. Ce diffuseur, motivé par l’espoir de pouvoir gagner un prix, va défendre les offres d’emploi dans son réseau (mail, Facebook, Twitter, LinkedIn, etc.). Si le candidat qui aura postulé par l’intermédiaire du diffuseur correspond aux critères définis par l’employeur alors le diffuseur gagnera une récompense et si finalement ce candidat est recruté alors le diffuseur gagnera un prix plus conséquent de l’ordre de plusieurs centaines d’Euro.

L’Amérique Latine, que l’on appelle désuetement le Nouveau Monde est le continent qui émerge dernièrement, de plus sa proximité historique mais surtout culturelle avec l’Europe en fait un territoire stratégique dans la recherche de nouveau marché et de relais de croissance pour les entreprises européennes et donc pour MyJobCompany.

Le choix de MyJobCompany s’est porté en premier sur le Chili car c’est la première économie d’Amérique Latine (PIB par habitant), un pays tout aussi stable que nos pays européens et ne comportant que peu de contraintes pour y installer ses activités. De plus, le Chili est le premier pays consommateur de réseaux sociaux en Amérique Latine (91% de la population utilise les réseaux sociaux couramment) ce qui en fait un pays stratégique pour les entreprises de l’économie numérique comme la notre.

MyJobCompany-You-are-the-value-650x237

On parle souvent du programme StartupChile et des avantages de l’écosystème startup chilien : Quel est ta vision de l’écosystème ici au Chili ?

StartupChile est un organisme très actif nationalement et internationalement reconnu pour l’aide qu’il apporte au développement des nouvelles entreprises.

L’écosystème chilien est assez sûr et plutôt stable, contrairement à d’autres pays d’Amérique Latine. De plus, le pays est relativement jeune, d’où un bouillonnement créatif chez les jeunes entrepreneurs. A coté de cela, les chiliens ont la culture d’entreprendre. En effet, créer sa structure, sa micro-entreprise, est très facile, en quelques clics sur le site du trésor public chilien les gens peuvent se déclarer comme travailleur indépendant, ce qui est un premier pas assez confortable dans la création d’entreprise.

Il existe au Chili un très grand nombre d’universités privées qui mettent à disposition des jeunes structures un incubateur de start-up (moyens financiers, techniques et logistiques).

Pour MyJobCompany, quels sont les principaux challenges pour venir créer sa startup ici au Chili ?

Le challenge principal, comme dans tout projet d’internationalisation, c’est la différence culturelle. Même si le Chili n’est pas un pays aux antipodes culturels de la France, il y a quelques différences qui peuvent sembler superficielles, mais qui sont au final assez importantes.

Tout d’abord, la bureaucratie. Avant de se lancer au Chili il faut posséder un Visa et le bon, ce qui peut prendre un peu de temps avant l’obtention et peut sembler complexe surtout si on ne maitrise pas la langue espagnole parfaitement. A coté de cela et tout au long de l’activité, tous les organismes, publics ou privés vont vous demander des papiers assez surprenant : par exemple, ici tout doit passer devant notaire afin de légaliser le document, la force consensuelle des contrats est relative (contrat de travail, bail, validation des diplômes et j’en passe). Donc le mieux pour un étranger qui veut lancer son activité au Chili c’est de travailler avec un comptable chilien, qui lui connaitras les méandres de la bureaucratie.

L’autre challenge, qui peut être relatif au type de business, mais qui dans 99% des cas est vrai, c’est d’avoir un ou des clients chiliens références. J’entends par là, d’avoir comme client une grande entreprise chilienne ou quelqu’un de bonne notoriété. Le Chili fonctionne beaucoup avec la notion de réseau et pouvoir assurer à ses prospects que l’on travaille avec telle entreprise ou telle personne permet de faire un grand pas dans la négociation commerciale parce que cela apporte une valeur, une crédibilité sur la qualité de vos services. Pour cela, il faut se constituer un réseau et le Chili offre beaucoup d’opportunité grâce à la grande quantité d’organismes comme Corfo, StartupChile ou les universités qui proposent beaucoup d’évènements thématiques. Se rapprocher d’une chambre de commerce binationale est aussi une solution puisqu’elle mettra à votre service son réseau, ses outils et ses savoir-faire.

Startup-Chile-picnic

Un conseil pour les startups françaises souhaitant explorer le marché chilien ?

Se faire un réseau notamment composé de quelques chiliens. Ces derniers connaissent les particularités de leur pays, qui pour eux ne sont pas des particularités mais des habitudes. Le mieux c’est de travailler en networking avec d’autres startups que seront soumises aux mêmes contraintes et ensemble pourront trouver des solutions.

Je conseille aussi de réaliser un travail préparatoire introspectif par des études de marché sectorielles afin d’identifier au mieux les particularités ou les complexités du marché chilien, son potentiel économique, les mentalités, etc. En cela les organismes français tel que Ubifrance ou la Chambre de commerce franco-chilienne peuvent être utiles.

Enfin, à la différence de la France où les relations interpersonnelles sont assez hiérarchiques et empreinte de pudeur, ici le tutoiement et la bise sont de rigueur. Ca peut paraître curieux et anecdotique comme remarque mais au final cela rend les relations entre les personnes très directes et franches, ce qui est très agréable dans le monde professionnel.

About Samir Abdelkrim

Entrepreneur, consultant en innovation et blogueur terrain, Samir Abdelkrim est également le fondateur de StartupBRICS.com, le premier média francophone spécialisé sur l’innovation dans les pays émergents. Samir Abdelkrim passe 8 mois par an à explorer les écosystèmes entrepreneuriaux en Afrique (dont il a déjà parcouru presque 20 pays), pour rencontrer les meilleures startups du continent. Il connecte les entrepreneurs les plus prometteurs avec des investisseurs et des grands groupes, ou bien leur faire gagner de la visibilité dans les grands titres nationaux comme le Huffington Post, Les Echos ou Le Monde où il est chroniqueur Tech spécialisé sur les startups africaines. Du Sénégal au Botswana en passant par la Tunisie, la Côte d’Ivoire, Madagascar ou le Kenya, Samir Abdelkrim a déjà rencontré une centaine de startups dans le cadre de son projet #TECHAfrique, une expérience terrain et une aventure humaine à la rencontre de ceux qui font battre le pouls de l’Afrique 2.0, expérience dont il tirera un livre en préparation, Startup Lions. Samir est régulièrement invité comme Speaker dans des conférences sur l'innovation qui se tiennent en Europe, aux Etats Unis, en Afrique ou au Moyen Orient comme le festival international South By SouthWest, à Austin, Aspen Institute, le Global Entrepreneurship Summit, le New York Forum Africa, Banque du Liban Accelerate à Beyrouth et plus récemment au siège des Nations Unies.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *